Tuesday, March 13, 2007

Le marché du dessin contemporain

Le marché du dessin contemporain


artlover428


Traditionnellement, en mars Paris accueille le Salon du Dessin. Cette année, pour sa 19e éditions, au Palais de la Bourse, 31 galeries ont présenté plus de 1000 feuilles de la Renaissance aux années 1970´, avec une absence notables de travaux plus actuels, car, pour la première fois, du 22 au 26 mars, s´ouvre le salon du dessin contemporain : une quarantaine de galeries françaises et étrangères ont investi un immeuble de six étages de l´avenue d´Iena pour un salon entièrement dédié au dessin contemporain.

Le marché des feuilles contemporaines est rarement mis à l´honneur. D´ailleurs, à Paris, durant la semaine du salon du dessin (du 20 au 26 mars 2007), si les maisons de ventes telles Christie´s, Sotheby´s, Tajan, Piasa, ou Thierry de Maigret orchestrent des ventes dédiées aux feuilles anciennes, aucune vacation concernant le dessin contemporain n´a encore été présentée.

Pourtant, ces travaux actuels, à la croisée du marché de l´art actuel avec ses formes les plus innovantes (photographie plasticienne, installations vidéos, performances, etc.) et de celui du plus ancien et classique des médiums, qui mêlent petites esquisses préparatoires, spontanées et œuvres abouties de grand format, possèdent évidemment ses amateurs et affichent un marché avec quelques particularités.

Le dessin, au même titre que l´estampe, est souvent considéré par les collectionneurs aux budgets les plus modestes comme l´une des portes d´entrée au marché de l´art. Mais jusqu´à présent, l´offre sur ce marché est encore fort limitée. Si le marché des dessins/du dessin regorge de travaux d´artistes modernes et du XIXéme siècle, voire anciens, les productions plus actuelles restent peu représentées sur ce marché. Sur les 61 000 dessins dispersés à travers le monde en 2006, tout juste 13,6% sont des feuilles d´artistes toujours en activité. Tous médiums confondus, la part de l´art actuel représente pourtant 19% des transactions. Concernant l´art contemporain, il faut dire que les travaux préparatoires aux œuvres sur toiles ou aux installations/sculptures sont bien souvent confinés dans les ateliers. Aussi, contrairement aux productions des maîtres anciens ou du XIXéme siècle, dans le domaine de l´art contemporain, peu d´ébauches sont proposées sur le marché. La grande majorité des pièces actuelles proposées sont des travaux aboutis, alors que dans le domaine des productions antérieures, le marché fourmille de croquis et pièces préparatoires dispersés à l´occasion de ventes d´atelier. Cette différence qualitative se répercute évidemment sur les prix. Concernant le marché du dessin des artistes décédés, toutes époques confondues, les adjudications inférieures à 2 000 euros représentent 73% des ventes, contre 51% si l´on s´intéresse uniquement aux productions d´artistes vivants…

Par ailleurs, d´un point de vue purement financier, si le dessin est porteur (+74,7% sur dix ans et +4,5% en 2006), il l´est moins que certains médiums plus prestigieux comme la peinture (+168,7% sur dix ans et +6,2% en 2006) ou en vogue comme la photographie (+170% sur dix ans et +1% en 2006). Cela tient d´abord à un fait stylisé généralement constaté sur le marché : plus une œuvre est chère, plus les chances de profit sont élevées à la revente. A l´origine de ce principe, lorsque le marché de l´art vibre à la hausse, le secteur haut de gamme étant plus spéculatif (avec une offre et une demande plus restreintes) les hausses de prix sont naturellement plus vives car les pièces de qualité plus rares et donc plus disputées. De plus, contrairement aux productions plus anciennes, l´offre dans le domaine de l´art actuel n´est pas figée. Aussi, le phénomène de tarissement et de manque qui stimule rapidement la cote lorsqu´un artiste décède n´est pas valable dans le champ de l´art actuel. Entre 2005 et 2007, alors que la cote globale du dessin des artistes contemporains s´est appréciée de (+)27%, celles d´artistes décédés en 2005 affichent des progressions parfois bien supérieures en moins de deux ans après leur décès : ARMAN (+39%), Raymond HAINS (+275%), Zoran MUSIC (+66%), Pol BURY (+70%).

Quelques choix spéculatifs
Toutefois, pour un certain nombre de jeunes artistes internationaux dont la cote s´envole littéralement, le dessin reste un bon moyen de (pouvoir) accéder au travail d´une star du marché à moindre coût tout en espérant (pouvoir) faire de très belles plus-values en cas de revente. Les variations des prix d´une même pièce négociée par deux fois aux enchères sont particulièrement parlantes. Damien HIRST par exemple, qui a décroché neuf enchères millionnaires depuis 2005 pour ses peintures et sculptures, propose régulièrement des dessins en salles des ventes. L´un d´entre eux, intitulé Beautiful obliterating accelerating psychotic Drawing fut acheté pour 8 000 $ en 2000, soit un peu plus de 9 000 € (Christie´s Beverly-Hills CA, 5 décembre). La même œuvre a été à nouveau soumise aux enchères en 2004 et a décroché 18 000 £, soit plus de 26 000 € (Christie´s Londres, 5 févier). La scène contemporaine asiatique, extrêmement spéculative, a stimulé de belles plus-values, notamment pour l´œuvre du Japonais <%=A171599%> : son dessin Miss Mountain était boudé en 2000 pour une estimation basse de 2 500 $. Trois ans plus tard, elle trouvait preneur pour 3 500 $ (un peu plus de 3 000 €) chez Phillips, De Pury & Luxembourg à New-York (le 16 mai 2003). En mai 2005 Miss Mountain fut dispersée avec un autre dessin de même dimension intitulé Three Heads for You : les enchères sont montées jusqu´à 22 000 $ pour ce lot, soit près de 17 500 € chez Sotheby´s New-York ! Autre exemple de frénésie sur le marché : « The Passion », une gouache réalisée en 1994 par Marlene DUMAS, achetée 65 000 £ en 2004 a été revendue 3 fois plus cher en février 2007. Notons aussi la hausse de (+)80% sur deux ans pour «Small Foot», une feuille de Jim DINE adjugée 18 000 € en avril 2006 alors qu´elle avait été acquise 10 000 € en octobre 2004. Enfin, «Boadicea attacking Westminster», un grand collage de GILBERT & GEORGE, a été adjugé l´équivalent de 11 705 € le 17 novembre 2006 chez Phillips, de Pury & Company, soit 3 fois son prix d´achat en 1992. En France, Robert Combas, le poids lourd du marché de l´art contemporain hexagonal jouit aussi de fortes appréciations. Globalement, l´indice des prix de ses dessins a augmenté de 90% depuis 2001. D´ailleurs, une feuille de 1983 signée Robert Combas, adjugée pour 380 € en 2002 chez Cornette de Saint-Cyr a été revendue trois ans plus tard 1 100 € chez Mathias-Millon-Robert à Paris.

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