Thursday, October 11, 2007

LE MARCHÉ DE L´ART CONTEMPORAIN AUX ENCHÈRES : LES DERNIÈRES TENDANCES

LE MARCHÉ DE L´ART CONTEMPORAIN AUX ENCHÈRES : LES DERNIÈRES TENDANCES


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La jeune création contemporaine attire chaque jour de nouveaux collectionneurs qui se sentent en phase avec la production de leur temps. Quelle soit américaine, allemande, anglaise, française ou chinoise, elle jouit d´un engouement et d´une croissance exceptionnels. Avec ses foires et expositions, le premier marché permet la découverte et la promotion des nouveaux talents. Le second marché, par le biais des ventes publiques, permet d´asseoir le travail réalisé en amont, avec pour consécration l´établissement d´une cote officielle.
Pour y voir plus clair, à l´occasion de la Fiac, Artprice dresse une analyse du marché des ventes publiques de cette génération d´artistes nés après 1945.


Le marché de l´art vit aussi au rythme des cycles économiques. La première guerre du Golf mis un terme net à la bulle spéculative dans laquelle il était entraîné depuis le milieu des années 1980. L´absence soudaine de records sur le marché fut pour les investisseurs le signal de son essoufflement. Ils l´abandonnèrent. Pire ! 1991 ne fut pas un krach, le marché subit une lente agonie qui perdura près de 5 ans.
Entre 1990 et 1993 les prix négociés tombèrent de moitié. Mais voilà bientôt 10 ans qu´ils sont animés d´une hausse continue. Stabilisés au crépuscule du 20ème, ils accompagnèrent le retour de croissance mondiale par une envolée de +152% entre septembre 2001 et juillet 2007. Dans cette conjoncture, le secteur de l´art contemporain est le plus spéculatif et le plus volatil. Sur cette même période haussière, son indice des prix est en progression de +233%.


1990 – 2007 : quand art rime avec dollars

Avec la récente croissance animant le marché de l´art contemporain, la cote des artistes nés après 1945 est depuis près d´un an au-dessus du niveau enregistré en 1990. Au point que certains s´interrogent sur les marges de progression de ce secteur, surtout depuis les récentes inquiétudes affichées cet été, tant dans les investissements immobiliers que boursiers. La crise des crédits hypothécaires à risque américains (subprime mortgage) s´est rapidement étendue sur les places boursières par d´importantes turbulences au mois d´août. Le marché immobilier pèse sur la croissance. Si le marché de l´art a déjà connu la crise en 1990, aujourd´hui il ne devrait pas être pénalisé par la conjoncture pessimiste affichée sur la croissance mondiale. Le risque de contagion au marché de l´art reste faible car la hausse des prix sur ce secteur enregistrée entre 2001 et 2007 n´apparaît pas spéculative.

En 1990, l´asymétrie, voire l´absence d´information sur les prix de l´art était un parfait catalyseur de bulle spéculative. Par manque d´information, les choix des acheteurs et des vendeurs reposaient sur les comportements et les rumeurs d´un petit nombre d´acteurs. Les quelques duels d´enchères remportés par le Japonais Saito pour tel Van Gogh ou tel Renoir servaient de référence à l´ensemble du marché.

Les victimes ont été nombreuses, surtout dans le domaine de l´art actuel. A la différence des tableaux anciens ou modernes, maintes fois Indice des prix de l´art contemporain visités par l´histoire de l´art et par le marché, l´art émergeant est aussi celui avec lesquelles les plus jeunes générations de collectionneurs sont en phase. Comme les artistes actuels n´ont pas encore subi le tri de l´épreuve du temps, ils sont souvent source de plus beaux retours sur investissement mais avec un risque très élevé. Par ailleurs, contrairement à celle de leurs aînés, la production des artistes vivant n´est pas figée. De fait, l´offre n´est pas limitée et la valorisation de la rareté ne s´applique pas systématiquement. Face à une offre abondante, les désillusions restent probables. Trois ans après l´éclatement de la bulle spéculative de 1990 les cotes des artistes contemporains avaient en moyenne chuté de –65% ! Et même aujourd´hui, certains collectionneurs ont du mal a retrouver leur mise. Par exemple, en 1990 Donald Sultan, âgé alors de 39 ans, était l´un des artistes les plus coté de sa génération. Ses larges toiles de la série Building Canyon (1980) pouvaient se négocier 180 000 $ (173 000 €). Désormais, elles se négocient souvent moins de 10 000 $. En 2006, l´une d´elles, estimée 15 000 – 20 000 £, ne trouvait acquéreur qu´à 6 500 £ (9 300 €). The stuntman, 1981 d´Eric Fischl (1948) avait été acquise 650 000 $ en mai 1990, un prix exceptionnel à l´époque pour un si jeune artiste. 15 ans plus tard, l´oeuvre remise aux enchères pour 500 000 – 700 000 $ chez Phillips, de Pury & Company, change finalement de main pour 450 000 $.

Evolution des prix de l'art contemporain
Base Juillet 1991 = $ 100.00 - Données trimestrielles

Aujourd´hui, la donne est toute autre. Grâce à l´Internet les collectionneurs disposent instantanément de toute l´information nécessaire sur l´artiste et sa cote pour prendre des décisions d´achat, réduisant d´autant le risque sur ce marché. Assimilé par certains fond d´investissement à un pur actif financier, l´art surprend même par ses excellents comportements depuis quelques années. Ce secteur devient même incontournable quand les Bourses de Paris ou New York s´effondrent. Face aux événements du 11 septembre 2001, il reste serein : les prix se maintiennent. Globalement, sur les douze mois succédant le drame, les prix des œuvres d´art continuent de progresser de +12,3% tandis que les principaux indices boursiers sont en nets reculs.


Au delà des plaisirs esthétiques et ostentatoires, la production artistique a confirmé son statut de valeur refuge. Mieux, accompagnant le retour de la croissance mondiale, l´arrivée d´une nouvelle génération de collectionneurs milliardaires et l´introduction de places de marché émergeantes telles que la Chine et l´Inde, le marché de l´art affiche des performances dignes d´un actif spéculatif. En effet, la hausse des prix amorcée en 2002 n´a cessé de s´accélérer, au point qu´ils sont, en juin 2007, au double de juin 2002 ! A ce stade, les prix négociés en vente publiques sont supérieurs de 18% à ce qu´ils étaient en 1990, au pic de la bulle spéculative de l´époque…

Devant l´engouement de ces dernières années pour l´art en phase avec les plus jeunes générations de collectionneurs, de nombreux allers-retours juteux et rapides ont été constatés. Après avoir été adjugée 200 000 £ (345 000 €), Bachelor Nurse (2003), une toile de Richard Prince exposée en 2003 à la Barbara Gladstone Gallery a de nouveau changé de propriétaire en 22 juin dernier pour 500 000 £ (743 000 €) chez Phillips, de Pury & Company. L´avant veille au soir, la Sud-Africaine Marlène Dumas a placé une enchère de 840 000 £ (1 243 000 €) chez Christie´s Londres pour The Dance, une toile de 1992 acquise trois ans plus tôt à New York 560 000 $ (472 000 €). Quant à Peter Doig, son tableau Pink Briey a fait l´objet d´une revalorisation de +367% entre mai 2001 et juin 2006. Place de marché émergeante, l´Asie devient tout aussi attractive pour des prises de bénéfi ces rapides. Ainsi, Yang Shaobin, l´un des artistes chinois les plus courus du marché, a vu l´une de ses toiles de 2003 intitulée New Fairy Tale acquise 90 000 HK$ (9 000 €) en 2004 chez Christie´s Hong Kong puis se revendre 420 000 HK$ (40 000 €) trois en plus tard, mais chez Sotheby´s Hong Kong cette fois.


Les stars du marché


Faute de datation sur un très grand nombre d´oeuvres, l´art contemporain est analysé par Artprice sous l´angle de l´âge des artistes. Ne sont retenus que les artistes nés après 1945.

Selon ce critère ressort des artistes disparus prématurément, tel que Jean Michel Basquiat, décédé par overdose à 28 ans. Le jeune graffi tiste new-yorkais, découvert par Andy Warhol est d´ailleurs le roi du classement par produit de vente ; il se hisse en première position avec 183 millions d´euros de chiffre d´affaires sur 17 ans de ventes publiques et une enchère à 13 millions de dollars en mai 2007. Son oeuvre, bien qu´éphémère, compte pas moins de 800-900 tableaux et 1500 dessins. Déjà 1989, un an après son décès, les toiles de ce jeune artiste américain atteignent 400 000 dollars en vente publique. En 2002, Profi t I , s´est arrachée 5 millions de dollars, un niveau jamais atteint à l´époque pour une oeuvre réalisée tout juste vingt ans auparavant !

Mais ce genre d´exploit tend à se répéter : depuis, la cote des artistes émergeants a encore doublé en moyenne. Parmi les plus exceptionnels résultats, soulignons les enchères à coup de millions de dollars pour l´anglais Damien Hirst, auréolé du prestigieux Turner Prize en 1995. L´artiste signe sa première enchère millionnaire en dollars en 2003 avant de réitérer l´exploit à 5 reprises sur la seule année 2006. En juin 2007, 6 oeuvres ont dépassé le million de dollars en l´espace de 6 mois seulement ! A Londres, le fer de lance de l´écurie Saatchi a été couronné d´une enchère à 8,6 millions de livres sterling (plus de 17 millions de dollars) pour Lullaby Spring

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