Saturday, May 26, 2007

Le Graffiti - De la rue au musée

Le Graffiti - De la rue au musée


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L´histoire du graffiti est celle d´un mouvement underground, né au rythme du Hip-Hip des années 70 dans les ghettos américains. C´est un art populaire, sauvage et éphémère. Sauvage parce que réalisé dans l´espace public de manière illégale, et éphémère car sa durée de vie, soumise aux contraintes extérieures, est forcément limitée. Les interdits qui frappent cet art urbain dès ses premiers balbutiements en Europe n´arrêtent en rien son expansion dans les années 80. A la fin de la décennie, c´est un véritable phénomène de mode qui gagne sa légitimité artistique sous la plume des journalistes et sur les cimaises des musées. Hormis les murs des villes, le mobilier urbain et les transports collectifs, les graffeurs réalisent des œuvres sur toile, papiers ou palissades, désormais prisées par un nombre grandissant de collectionneurs.

Les pionniers

La star incontestée du genre est Jean-Michel BASQUIAT qui collectionne les enchères millionnaires (plus de quarante). Le 15 mai dernier, une technique mixte de 1981 a pulvérisé le record de l´artiste en passant pour la première fois la barre des 10 millions de dollars ! Initialement estimée entre 6 millions et 8 millions de dollars, l´œuvre a décroché un coup de marteau à 13 millions de dollars (plus de 9,6 millions d´euros, Sotheby´s NY). L´ami de Warhol au destin fulgurant (mort à 27 ans), signait ses premières œuvres dans la rue sous le pseudonyme Samo. Aujourd´hui un petit dessin au crayon gris ou à la mine de plomb s´échange entre 10 000 et 20 000 € en moyenne et il faut compter entre 50 000 et 100 000 € pour un papier aux crayons de couleurs. Les prix grimpent encore pour de beaux formats à l´encre ou au pastel gras.

Un autre proche de Warhol, Keith HARING, est aussi un pilier du graffiti. Il n´atteint pas les sommets de Basquiat mais affiche une progression constante sur les 4 dernières années. Le 8 février dernier, il fallait compter pas moins de 56 000 £ (près de 85 000 €) pour emporter une petite acrylique de 1984 (50x50 cm) chez Sotheby´s Londres. Le même jour, la maison concurrente signait un nouveau record à 440 000 £ (près de 670 000 €) pour une toile de 1983 (Christie´s Londres).

Plus abordable, FUTURA 2000 fait partie des pionniers de la peinture urbaine qu´il exprime de manière instinctive sur les murs de Brooklyn dès les années 70. Seules 3 œuvres du graffeur furent soumises aux enchères en 10 ans! La dernière, une œuvre sans titre à l´acrylique et la peinture aérosol sur une planche de bois, a trouvé preneur pour 4 000 € en octobre dernier chez Artcurial qui propose début juin une toile graffée à la bombe intitulée Bar code (1983, 137 x 181 cm) pour une estimation comprise entre 4 000 et 5 000 €.

Le Graffiti plébiscité en France

La maison de ventes Artcurial va proposer une vingtaine d´œuvres de graffeurs américains et français le 6 juin prochain. Le catalogue de la vente regroupe les œuvres dans une section « Art Graffiti et post-graffiti » : jamais un auctioneer français n´avait accordé autant de crédit au genre ! La pièce maîtresse de la vente est la grande Balle de Match, Hôpital éphémère, 1993 (214,5 x 190 cm) de John PERELLO alias Jonone estimée entre 15 000 et 20 000 €. Extrêmement vif et coloré, ce travail prend des libertés avec les maîtres de l´art abstrait comme Kandinsky, Pollock et de Kooning. Dans cette vingtaine de lots et pour des estimations entre 5 000 et 10 000 € en moyenne, l´amateur peut jeter son dévolu sur les grandes toiles aux accents de BD signées John Matos CRASH ou ASH II. Entre 1 000 et 5 000 €, le choix des œuvres est large : un Jonone de près d´un mètre, les graffitis abstraits de SHARP, Chris Ellis DAZE, KOOR ou une toile au graphisme surréaliste de Alex/Mac-Crew. Pour moins de 1 000 €, on peut espérer emporter des toiles bombées de SONIC ou de HONDO et pour une estimation basse de 100 €, une œuvre sans titre mêlant divers matériaux sur un panneau de contre-plaqué signée Thierry CHEVERNEY. En deux ans, la cote des graffeurs a doublé : le phénomène des rues deviendrait-il phénomène des ventes publiques ?

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