Wednesday, December 20, 2006

Qui sont Hains et Villeglé...?

Les affichistes


Artlover408

Dès la fin des années 40, le regard de quelques artistes se porte sur l´environnement quotidien et banal. La naissance d´une société de consommation après les restrictions de la guerre modifie considérablement les mœurs, le rapport aux objets de consommation courante et le paysage urbain, dont les murs se changent en surfaces publicitaires. En 1949, Hains et Villeglé récupèrent dans la rue leurs premières affiches lacérées par des mains anonymes. Le champ d´action est immense et les lacérations sont perçues comme autant d´œuvres informelles. A leur suite, Dufrêne et Rotella sont regroupés sous l´appellation d´affichistes ou de décollagistes au sein du groupe des Nouveaux réalistes, dont le théoricien Pierre Restany louait l´invention de « nouvelles approches perceptives du réel ».

Les amateurs d´un art sensible à notre environnement urbain et quotidien ont commencé par enrichir leurs collections d´œuvres majeures signées Arman, César ou Spoerri. Ces collectionneurs portent désormais leur dévolu sur les « oubliés » du marché qu´ont été les décollagistes. Par conséquence, les cotes de Rotella, Hains et Villeglé, tous proches des Nouveaux réalistes, ont entamé une ascension fulgurante : Mimmo Rotella affiche une progression spectaculaire de +300% entre 2000 et 2005 ; Raymond Hains, une croissance de +260% depuis son décès en 2005, et Villeglé une hausse de + 110% depuis 2003.

Né en 1918 en Italie, Rotella (1918-2006) se rapproche de Hains, Villeglé et Dufrêne en 1960 sans signer le manifeste du Nouveau réalisme. Sa vie étant partagée entre Paris et Milan, ses œuvres sont fréquemment proposées dans les maisons de ventes françaises et italiennes qui réalisent respectivement 20% et 60% des transactions. Cependant, nombre d´œuvres majeures se retrouvent sur le marché anglo-saxon qui dégage 55% du produit des ventes contre moins de 10 % des transactions. C'est d'ailleurs à Londres qu'il établit le record du groupe avec Con un sorriso, un décollage de 1962 adjugé 450 000 £ (647 000 €) chez Sotheby's en octobre 2003. A l´heure actuelle, il faut générallement débourser près de 100 000 € pour un beau format du début des années 60, tel a été le montant de l'enchère décrochée le 28 novembre dernier pour Frammenti,1961 (Christie´s Milan). Même ses petits collages sur papier des années 1950' et ses effaçages des années 1970' commencent à se négocient plus de 5 000 €, à l'image du petit effaçage de 22 cm de côté adjugé 10 000 € chez Farsetti (Prado) le 1er décembre.

Les pièces de Raymond Hains (1926-2005) sont bien moins chères. On trouve encore quelques petites affiches lacérées bien datées pour moins de 5 000 €, comme celle de 1962 vendue 2 800 € chez Cornette de Saint Cyr le 29 juin 2005. Pour la première fois, il vient d'attendre le seuil des 100 000 € avec Palissade, une pièce réalisée en 1959 sur 4 planches, emportée pour 102 000 euros le 2 juin 2006, chez Lempertz (Cologne). Le marché de Hains est essentiellement français avec près de 60% des transactions réalisées sur l´hexagone cependant, c´est le marché germanique qui réalise le plus gros produit des ventes (60% contre 20% en France). Tandis que ses lacérations et arrachages des années 60 et 70 cotent entre 20 000 et 40 000 euros en moyenne, Hains entamait son ascension de son vivant avec la dispersion de La lessive génie qui quintuplait son estimation chez Sotheby´s Londres le 25 octobre 2005 (50 000 £, soit 73 800 euros). Lors de cette même vente, son ami Jacques de la Villeglé signait son record pour Avenue de la Liberté, Charenton qui décrochait 75 000 £, soit 110 700 euros. Villeglé réalise parallèlement de petits formats, abordables autour de 1 000 euros : une pièce de moins de 10cm de côté fut adjugée 1 500 euros chez Libert le 26 octobre 2006.

Volf Vostell resta en marge des Nouveaux réalistes et fut une figure majeure de Fluxus en appliquant son principe d´équivalence entre l´art et la vie. Cette indépendance choisie se ressent sur sa cote qui demeure en marge de l´enthousiasme déclenché par les autres décollagistes et affiche un fléchissement de -25 % depuis 2000. Bien qu´il ait formulé son principe du « Décollage » à Paris, son marché est à plus de 80% germanique et rares sont les décollages proposés : le 29 novembre 2001, la maison de ventes berlinoise Villa dispersait l´un d´entre eux daté de 1961 et intitulé «K-C-RES». L´œuvre fut adjugée pour 10 000 DEM, soit 5 113 euros. A titre comparatif, il faut compter 2 à 4 fois ce montant pour acquérir un décollage de François Dufrene de la même période. La belle adjudication signée par Dufrene l´automne dernier (13 000 £, soit plus de 19 000 euros pour un format d´environ 30 cm chez Sotheby´s Londres, 25 oct. 2005) a fortement dynamisé sa cote à l´étranger tandis que les résultats des vacations françaises demeurent stables : le 4 avril dernier par exemple, Cornette de Saint-Cyr donnait un coup de marteau à 3 200 € seulement pour une œuvre certes de petit format (26 cm) mais historique, puisque datée de 1962. Les amateurs du genre peuvent aussi s'intéresser au travail d' Arthur Aeschbacher. Ses affiches lacérées sont souvent accessibles à moins de 3000 €. Mesurant 53 cm de haut, Bouddha bien à plat, une pièce de 1961 est partie pour seulement 1 600 € chez Cornette de Saint-Cy le 12 décembre dernier,

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